lundi 28 avril 2014

Dernière semaine à Intiwawa


Et oui… cela devait bien arriver un jour. Le départ pour l’Argentine approche à grands pas, et voilà que ni vue ni connue, mon expérience à Intiwawa touche à sa fin. A sa fin ? Vraiment ? Noooon (référence à Astérix et si vous ne comprenez pas pourquoi, lisez la première bulle de la BD !). Cette expérience m’a tellement emplie de bonheur et d’énergie que je ne compte pas laisser cela à Arequipa. Je n’ai plus de place dans mon sac à dos, mais c’est le cœur rempli d’amour et de souvenirs –et il pèse lourd, ce cœur comme vous pouvez l’imaginer! - que je fais mes hasta luego. Ah, que ça va être difficile de laisser mes bébés et mes projets. Mais je sais que je peux compter sur l’équipe actuelle de volontaires, super dynamique et motivée, ce qui me réconforte (un peu) !
A l’heure des adieux, tout le monde se montre très satisfait du travail que j’ai accompli ces derniers mois, et ça fait chaud au cœur ! Tout cet investissement et tous ces efforts ont payé, j’ai réussi à laisser ma petite marque à Intiwawa et n’ayons pas peur des mots, je suis très fière de tout ce que j’ai fait ici. Bon, j’y ai tout de même laissé des plumes (cf. Susana la directrice, qui au moment de son discours de remerciement et d’adieux m’a dit « tout simplement merci pour ton énergie et ton investissement, et aussi de t’être énervée et d’avoir su exiger pour mener tes projets à bien, ce sont des gens comme toi qui nous faut ici ! »). Ma réputation de despote à traverser l’Atlantique, on dirait ..!

En cette dernière semaine, nous avons été pas mal occupés. Afin de collecter des fonds pour le projet dentaire, nous avons organisé une fête dans une discothèque de la ville. Grâce à tous vos dons et aux différents événements de fundraising, nous avons déjà 5000 Soles ! L’objectif est atteint, il n’y a plus qu’à se mettre au boulot, amis dentistes ! Et quel boulot… L’autre jour, un dentiste m’expliquait comment il allait procéder pour traiter Alex, 9 ans. Le petit pistolet à eau à haute pression dans la main, le doigt sur la gâchette, il me faisait l’inventaire de ses caries dent par dent. Jusqu’à en arriver à la fatale molaire, qui a littéralement explosé sous l’effet de la pression de l’eau ! Dios mio, j’ai bien cru dégobiller dans le lavabo ! Heureusement que je portais mes lunettes, si vous voyez ce que je veux dire… Cela m’a servi de leçon, dorénavant je ne m’approche plus aussi prêt quand je m’aventure à examiner leurs dentitions !

Ce dimanche, c’était la fête du village de San Isidro. Nous avons vendu les vêtements que nous recevons en donation à très bas prix, pour aider la population locale tout en faisant un peu de sousous pour les frais quotidiens de l’association. Les enfants ont dansé des danses traditionnelles, c’était chouette ! Ensuite nous sommes allés dans une picanteria (resto traditionnel) tous ensemble pour déguster les plats locaux et se déhancher sur la piste de danse, comme tout Arequipeno qui se respecte ! Ambiance bal musette fort appréciée !

Quelques photos au pif qui résument bien ces derniers temps.

Affiches pour des concerts de musique de la sierra. J’adore les couleurs, et je commence même à apprécier la star nationale en la matière : Corazon Serrano (je vous conseille d’y jeter un œil sur youtube, ça vaut le détour !).

Déchèterie à San Isidro.

La plaza de Armas de nuit, depuis la terrasse d’un restaurant pour le dîner d’adieu de Julius.

My frrrrriends.

Et tadaaaah le potager, maintenant !


Visez un peu ces salades!
Piero.

A l'école maternelle, nous apportons tous les jours des fruits pour les enfants: ce jour-là c'était mandarine!
Lucia Aurora et Anita.

Abad et Piero.

Rosita.

Luis, avec sa tête de petit champignon!

Rafaela.

:)

Jocelyn.

Lucia Brigitte (oui, intéressant!)

Les ados du village répétant tous les soirs de la semaine pour la fête dominicale, et Piero qui fait le foufou au premier plan. Ce soir-là, il m’a totalement piégé. En sortant de la casa Intiwawa, il me dit : « - Tu vas où ? – Chez moi. – C’est où chez toi ? – A Arequipa, par là-bas. – Tu m’emmènes, dis, reina ? ». Ooooooh ! Du coup je l’ai raccompagné chez lui parce qu’après il voulait me montrer sa maison, et son chien, et ses jouets. C’est ainsi que je suis rentrée une heure plus tard que le reste du groupe !

Sur le chemin du retour.


Juan Luis (encore un chouchou) avec son dentiste, Daniel. 

Il est le premier nino del sol à avoir terminé son traitement ! Après 3 semaines de dure labeur, il a maintenant des dents toutes propres : adieux caries et infections !

Alejandrina feliiiiz : on ne lui arrachera pas de dent aujourd’hui !

Cinthya a été la plus forte : alors que la plupart des garçons hurlent à la simple vision de l’aiguille, elle n’a même pas laissé tomber une larme pendant que sa dentiste lui a enlevé deux dents ! Quel courage, madame !

Eric Fernando, le petit garçon le plus curieux que j’ai rencontré : « Docteur, ça sert à quoi, ça ? Et ça ? Et ça ? ». Je crois que tu ferais mieux de ne pas savoir, mon chéri ! - - ‘

Vente des vêtements à San Isidro pour la fête du village.

Alejandra de l’école maternelle en a assez de son costume d’ange !

Alors qu’Anita fait son shopping… Euh, tu es sûre que ta maman est d’accord?!

Leo ne veut pas danser ! Alors que les autres se démènent comme des beaux diables, il reste planté là au milieu de la piste !



Roy saute comme une gazelle !


Jon, mon autre préféré, posant en costume traditionnel devant les drapeaux d’Arequipa et du Pérou. <3


Danse traditionnelle du Carnaval où ils s’arrosent de bière et coupe un arbre sur lequel ils installent une des danseuses au moment du final.






Danse traditionnelle mettant en scène les travaux aux champs. A ce moment de la chorégraphie, les femmes font mine d’éventrer les hommes… Emancipation féminine ? Bah ça rigole pas !!


A la picanteria, j’ai mangé un rocoto relleno (poivron piquant farci), un pastel de papa (gratin de pommes de terre) et du chicharron de chancho (morceaux de porc frits)! Miam !
Après le repas, tout le monde se retrouve sur la piste de danse… Regardez cette petite mémé dansant la cumba !

Semana Santa à Arequipa


Le Pérou, pays très catholique, célèbre la semaine sainte comme il se doit à coups de moultes jours fériés. Alors que les autres volontaires ont profité de ce long week-end pour voyager, j’ai décidé de rester à Arequipa afin d’expérimenter l’événement. Et bien je n’ai pas été déçue du non-voyage ! Entre processions en tout genre à toute heure du jour et de la nuit, mise en scène de la crucifixion sur les hauteurs de la ville et flambée d’un pantin représentant Juda, c’était finalement très dépaysant. La ville était calme et englobée d’une ferveur apaisante. Les odeurs d’encens et de fleurs d’offrandes émanant des portes ouvertes de toutes les églises baignaient les rues d’une atmosphère bien spéciale.

A l’entrée du marché central San Camilo, devant une statue de Jésus deux petites mémés discutent pendant que l’une d’elle vend des croix faites en feuilles fraîches tissées.


Mi linda Arequipa. Au détour d’une rue, on se fait surprendre par un volcan enneigé. Quoi de plus naturel ?

Paucarpata, un quartier rural dans les hauteurs de la ville, réputée pour ses cultures en terrasses.
En attendant Jésus.

La montée au calvaire.


Assez impressionnant, tout de même… C'étaient des larmes dans les yeux que les locaux assistaient à l'événement. 

Sauf cette dame, qui a le sourire: alors que Jésus déblatère ses sornettes, elle déterre une carotte du champs où nous   nous trouvions !

Durant la Semaine Sainte, sur toutes les chaînes de télévision  passent des téléfilms sur la vie et la mort de Jésus. C'est ainsi que le lundi, en faisant ses devoirs, je demande une petite fille ce qu'il s'est passé le week-end passé et elle me répond: "Ils l'ont crucifié, le Jésus!".

C'était quand même méga incongru... :)

Coucher du soleil sur la Calle Mercaderes.

Campagne politique pour les élections de l’année prochaine. Ne me demandez pas pourquoi le logo de ce parti est un couple de poivrons !

Lever du soleil depuis les hauteurs de Yanahuara, où l’on se console de s’être levé à 5h30 du mat’ un dimanche matin pour voir une procession. Quelle beauté !

Procession.


Pantin à l’effigie de Juda, représentant tous les mensonges, toutes les fausses-promesses et trahisons commises par les autorités politiques péruviennes. Le speaker blablate un discours satirique et humoristique sur les dirigeants du pays. Le symbole est fort, la marionnette va littéralement se faire exploser, membre par membre. Encore une nouvelle preuve que la religion et le politique sont totalement mélangés ici! 

Volcan Chachani.




Pétards.

Les gens attentifs lors du discours satirique.




Et PAF !

Pas rassuré le garçon !

Adobo : plat typique du dimanche matin à Arequipa. Après avoir dansé toute la nuit, les locaux se rejoignent en périphérie du centre ville pour se rassasier autour d’un « adobo », sorte de daube de porc à la tomate et aux oignons. FAMEUX  (mais tout de même trash à 8h du mat’ )!