mercredi 26 février 2014

Des petites bulles...

C’est l’éclate totale, mais y’a quand même des fois où il faut s’avoir s’accrocher et s’assurer qu’on n’en prend pas trop plein la mouille. La semaine dernière a été un concentré de situations assez difficiles à gérer sans finir par se passer la corde au cou. C’est l’instant émotion, sortez les choirmous.

Alejandrina et Anita sont deux sœurs très assidues à Intiwawa. Elles habitent sur notre chemin pour aller prendre le bus, on les raccompagne donc chez elles après le projet. Cependant, elles étaient absentes lors des vacaciones utiles. Etonnés, on est donc allé toquer à leur porte pour savoir si tout allait bien. Nous avions raison de nous inquiéter… Si les filles n’assistaient pas à Intiwawa, c’était parce qu’elles allaient travailler à la fabrique de briques pour remplacer leur Maman qui devait rester à la maison pour s’occuper de la petite dernière, souffrante. La jeune maman de 25 ans -aillant fait une fausse couche deux semaines auparavant- était à la maison avec la plus jeune. La maison n’étant composée que d’une pièce unique, la petite jouait donc dans la cuisine. La maman était en train de faire bouillir de l’eau quand elle a du sortir précipitamment, renversant le contenu de la bouilloire sur le visage de la fillette de 2 ans… Si nous n’étions pas venus voir ce qui se passait chez Alejandrina et Anita, la petite n’aurait reçu pour soins que l’application d’une couche de sable et de sel, censée désinfecter la brûlure selon la médecine traditionnelle… Nina a pris la situation en main et a emmené la petite à l’hôpital où ils l’ont soigné correctement. Fort heureusement, la blessure semble être en bonne voie de guérison, et la peau se reconstruit petit à petit sans trop laisser de cicatrice.

Quelques jours plus tard, le petit Denninson est tombé sur le front dans la Casa Intiwawa, s’ouvrant l’arcade sourcilière. On l’a donc emmené au petit centre de santé du village afin de recoudre la plaie. Plus tard dans la matinée, la maman est venue nous voir pour savoir ce qu’il s’était passé. Je lui expliquais les faits quand tout à coup elle se mit à pleurer. Je lui dis de ne pas s’inquiéter, que ce n’est pas une blessure importante, que ça arrive à plein d’enfants (même à ma grande sœur, et qu’au final ça ne l’a pas tant amoché !) et qu’il est bien soigné maintenant. Mais j’ai ensuite compris qu’elle ne pleurait pas parce qu’elle s’inquiétait pour son fils, mais parce qu’elle avait peur que son mari ne la batte pour avoir laissé cet incident arriver. Oui, la maman serait responsable de ce malencontreux événement alors qu’elle n’était même pas présente lorsque s’est arrivé ! J’ai du écrire une lettre au papa pour lui garantir que la maman n’avait rien à voir là dedans…

Ou bien quand José me demande 3 fois à manger parce que sa maman lui a dit qu’ils n’avaient plus rien chez eux… ou encore quand Andrea ne vient pas au projet car elle doit s’occuper de son papa qui a bu trop de bières la veille au soir… Ces situations sont mon quotidien.

Mais mon quotidien, c’est aussi des jours comme aujourd’hui. Des matins où tu arrives à l’association, et la maman d’Adriano vient te voir en te disant : « Je ne comprends pas, on a trouvé ce pot de yaourt sur la route en venant ici et Adriano voulait absolument vous l’apporter ! ». Et Adriano, 4 ans, d’ajouter : « Oui, sinon ça pollue la planète et après il ne pleuvra plus jamais ! ». Alleluia. On dirait que ça rentre par une oreille et ça sort par un trou de nez, mais non. Ça reste, quelque part. Ça grandit. Et puis ça agit. Ce petit garçon m’a juste rendue felizzzzzz pour le reste de la journée. Aujourd'hui c'était lui, demain ce sera un autre. Leurs réflexions, leurs sourires, leurs progrès et leurs bêtises sont autant de petites bulles de bonheur que j'entrepose bien précautionneusement au fond de moi-même, à faire éclater en cas de besoin!

Alors oui, quelques fois il faut se blinder pour ne pas se laisser aller à se morfondre devant la dureté et l’injustice de la vie. Mais ces moroses constatations sont vite balayées par ces bambins et le sentiment si épanouissant qu’ils me procurent : me sentir utile et à ma place, enfin.


dimanche 23 février 2014

Dernière semaine de vacaciones utiles : c’est la récré !


Pour cette dernière semaine de vacaciones utiles, nous avons décidé de faire plaisir aux enfants histoire de les récompenser d’avoir assister à nos activités d’été. Au programme : piscine le mercredi, film le jeudi et fête de carnaval le vendredi ! Une semaine vraiment sympa, somme toute !

Grâce aux donations de la famille de Nina, nous sommes partis en excursion avec les enfants toute la journée du mercredi. Premièrement au parc thématique où nous nous sommes promenés au fil des ères géologiques, avant de remonter dans le bus direction la piscine ! C’était la première fois pour bon nombre d’entre eux, qu’est-ce qu’on s’est amusé ! « Miss Adèle, enséñame a nadar ! ». Il y a eu aussi le moment awckward durant lequel une ado du groupe m’appelle dans le vestiaire : « Miss, j’ai mes règles mais je veux vraiment me baigner ! ». « -Ok, je vais te chercher un tampon ! » « -Un quoi ?! ». La tête qu’elle a faite quand je lui ai montré le bazar a fini par me convaincre qu’elle ne savait vraiment pas ce que c’était. Alors, comment dire comment t’expliquer ?! Mais je crois que je ne m’en suis pas trop mal sorti ! Ouf !

Le jeudi, c’était movie ! Pas facile de trouver un film pour satisfaire tout le monde! On a opté pour Wall-E (bah oui, on reste dans le thème endoctrinement grano jusqu’au bout).

Et le vendredi, méga fiesta de Carnaval à la Casa Intiwawa! Ici, le Carnaval consiste à balancer de l’eau sur les autres et de les recouvrir ensuite… de farine ! Ah, ils savent s’amuser, y’a pas à dire ! La fête a été agrémentée de piñata (c’est une boîte en carton remplie de jouets et de bonbons accrochée en hauteur, que les enfants armés de bâtons doivent éclater pour récupérer ses nobles entrailles !) et autres jeux en tout genre. On a fini la semaine bien dégueu’ et bien crevés !

Hé ! Vous avez vu ça ?! Le jaune a trop la classe, non?


Ah oui, étant la volontaire qui parle le mieux espagnol, j’ai eu l’honneur d’expliquer aux enfants comment utiliser les toilettes puisque certains d’entre eux n’ont chez eux qu’un trou dans la terre au fond du jardin… Et voilà le résultat quand ils adaptent leur technique aux toilettes normales!


Les volontaires dans le colectivo pour aller au projet.

Nilton en train de me bananer aux dames en inventant de nouvelles règles improbables !

Au parc thématique devant le tricératops (ou un truc comme ça).

:)



Kevin et Johan, les inséparables frères!



Après la piscine.

Carnaval : Bataille de fariiiiine !

Nina : vengeance ?!



Mais le plus fourbe est Julian qui m’arrosait par la fenêtre !

Piñata



Un peu plus violent avec les plus grands ! Pogooooo !





Petite photo de groupe après le carnaval.

samedi 15 février 2014

Le carnaval de Puno

Ce week-end, nous sommes allés avec mes amis à Puno sur les bords du Lac Titicaca pour assister au Carnaval en l’honneur de la Virgen de Candelaria. Le plus grand carnaval du Pérou ? Voyons-voir… Ah oui, ça envoie le pâté effectivement ! Pendant 10 jours, plus de 6000 danseurs revêtent des costumes plus colorés et extravagants les uns que les autres pour enflammer de danses et de musiques la petite ville de Puno. Impressionnant ! Je pense que les photos parleront d’elles-mêmes !

Le samedi soir à notre arrivée, la fête bat déjà son plein : les crécelles et les jupes tournoient à qui mieux mieux…

… proportionnellement au taux d’alcoolémie des musiciens de la fanfare (cf. les regards vitreux)!


Les Arequipenos à Puno !

Julius s’est fait entraîner dans la danse, et il donne du poignet en rythme !

Oh ?! Quelqu'un aurait-il perdu ses chaussures ?

Les Caporales, groupes d’hommes en bottes ornées de boules de Noël qui glin-glinguent, sautant dans tous les sens. 

Alors que les filles sont… légèrement vêtues dirons-nous !

Culazooooo !

Autre costume traditionnel pour hommes.



Même les enfants participent au défilé, c’est un grand honneur ici !



Flûte de pan passion !

Il y a aussi des gens bizarres avec des costumes qu’on ne saisit pas vraiment (un peu à la Stupéflip avec son masque et sa poupée en plastique celui-là non ?)

Oui, oui ! C’est une jupe, avec une femme dessous !


Le dimanche a lieu au stade municipal le grand concours du meilleur groupe de danseurs. De 7h à 20h, les 80 équipes se démènent au grand bonheur du public en délire (je crois qu’il faut être péruvien pour tenir la journée : un peu relou au bout d’un moment pour le gringo de bas étage, il faut bien le dire !).

Avant l’entrée en piste.

Hola !


Un soleil de plomb nous a forcé à nous replier derrière une publicité géante dans laquelle nous n'avons ni plus ni moins percé une fenêtre (presque aussi droite que celle du Bourg Rameau, n'est-ce pas Serge et Eric ?!).








Préparation aux portes du stade.








Détail d’un costume de Caporal.

Vue panoramique de Puno depuis le haut de la ville, coucher de soleil sur le Titicaca.


Le lundi, rebelote dans les rues !






La petite cerveza à la main pour se déshydrater !





Le sol est jonché de ces éclaboussures de bière, mais ce n’est pas (uniquement) la faute de borrachos maladroits : la tradition andine veut que le premier verre de chaque bouteille nouvellement ouverte revienne à la Pachamama, la Terre-Mère.




Après l’effort, le réconfort.