lundi 30 juin 2014

Fin


Et ainsi se termine ce blog. Trente-six chapitres pour résumer 9 mois de voyage et un chemin de plus de 19 000 kilomètres… Dans l’avion qui m’emmenait à Quito vers ma nouvelle vie le 28 septembre dernier, j’écrivais à Maman que j’avais laissée déconfite à l’aéroport quelques heures plus tôt, après avoir ouvert l’enveloppe qu’elle m’avait glissée dans la main avant de se dire au revoir :
« Maman, je viens de lire ta lettre. Quelle ne fut pas ma surprise… Tu m’as comprise. Malgré la peur, l’appréhension maternelle et naturelle d’une mésange laissant s’envoler ses oisillons du nid familial, ton intelligence et ton amour sont assez grands pour me comprendre et me laisser m’envoler. Merci, je pars rassurée par ces mots, plus que n’importe quel discours n’aurait pu le faire. Je te reviendrai Maman, c’est promis. Changée sûrement, grandie je l’espère, mais je te reviendrai. Ce nid que tu as créé avec Papa, lui, est immortel et toujours entre mes deux ailes, au creux de mon cœur. »

« Il meurt lentement celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n’a fui les conseils sensés » disait son poème… Je remercie ici les gens qui m’ont donné des conseils sensés que j’ai pris la liberté de fuir, grâce à eux j’ai du assumer mes choix et me faire confiance. J’espère qu’aujourd’hui ils ont compris. Et je remercie, énormément, les quelques personnes qui ont toujours cru que ça se passerait comme ça s’est passé. Et puis tout ceux qui, d’une manière ou d’une autre, m’ont donné envie de sortir de ma zone de confort pour enfin découvrir la vie. Et maintenant je peux vous l'assurer… LA VIE EST UN MIRACLE, CHICOS !




Merci d'avoir suivi ce blog. Abdy vous tire son tutu kaki sur le Titicaca, hasta la proxima!

Une petite vidéo souvenir

Para mi patria Bolivia (voyage en Bolivie avec Cec' et Laurie, du 28 février au 14 mars).

"C’est avec un peu de stress que je prends la plume qu’Adèle m’a confiée pour raconter notre périple bolivien. Ce n’est pas une mince affaire que de trouver les bons mots pour vous faire partager ces beaux moments que nous avons vécu, Adèle, ma copine Laurie et moi-même. Surtout quand on sait le succès certain de ce blog (n’est-ce pas les amateurs de pique ?)

Tout a pourtant commencé par un coup de bambou sur le coin de la tête : par une sombre histoire d’Air France, mon autre copine Amel qui devait participer à la fête n’a pas pu décoller. C’est le cœur gros de déception que nous l’avons laissé sur le tarmac de Roissy.

Quelques 17 heures plus tard, nous retrouvions Abdouze à Arequipa, sa ville étape de quelques mois. Rayonnante, le poil dru et l’œil vif, l’air Sud Américain lui convient parfaitement !

Dès le lendemain, nous voila partis découvrir son projet, dont les photos et articles ont déjà nourri ce blog.

Malgré notre « tête au cube » de Lolo et moi (sensation de cerveau tout comprimé, altitude oblige), nous nous émerveillons devant le jardin d’Adèle, la bonne volonté des bénévoles et le sourire des enfants. Devant l’entrée, deux petites filles passent. « - Tiens, vous allez où comme ça ? – Travailler ». Mais pas travailler à l’école, travailler à la fabrique de brique à côté. C’est ça aussi Intiwawa, les enfants qui y viennent s’échappent pour un temps de leur dur quotidien (c’était le moment drama de l’article !). 

Le soir c’est la traditionnelle soirée salsa de l’auberge où loge Adèle. Un dos tres, cinquo sei siete, on enflamme le dancefloor et c’est une belle soirée que nous passons sous les conseils avisés de Professor José Luis !
Autant pour danser la salsa que pour faire les cocktails! Ici, enseignement du Pisco Sour, THE cocktail péruvien.

Titicaca, nous voila !

Arrivées dans une ville de grano (Copacabana, repère pour poètes anarchiques en tout genre), nous investissons une petite auberge dans le centre ville. Nous partageons le dortoir avec un Français en vadrouille bien sympa. Mais ce n’est pas le seul occupant de la chambre. D’un coup d’un seul, une main s’échappe du drap d’un lit situé au fond du dortoir, raccrochée à un corps inerte : bon sang mais c’est bien sur, la Bolivie elle aussi fête carnaval ! Et il a été trop arrosé pour certains…


Petite rando le lendemain à l’Isla del Sol, sur une crête qui longe l’île et qui nous fait surplomber le lac et les montagnes de chaque côté : magique ! Sans oublier la trucha a la plancha, quel régal.







Paysages superbes, Cordillère des Andes, costumes traditionnels se succèdent. Des couleurs, de la musique partout tout le temps, des sourires : un sacré dépaysement.

Un ptit coup de bus de nuit et hop nous voilà à Uyuni, ville départ pour la découverte du Salar de Uyuni. 3 jours en 4x4 sur les pistes désertiques (sauf de touristes), après la tranquillité du lac Titicaca, le retour à la condition de touristes moutonniers m’est un peu rude… Heureusement nos compagnons de route s’avèrent être de joyeux lurons et le chauffeur est mécano (vu le nombre de 4x4 en panne au bord des piste, c’est précieux !). Petit panel de ces journées : désert de sel, nuit dans des hôtels de sel, champs de quinoa, sources d’eau chaude et lamas, geysers et flamands roses.



















Mais la piste est droite, et notre chauffeur pique un peu du nez… Après un conciliabule entre compagnons de route, il est décidé que le prochain copilote doit maintenir éveillé notre chauffeur en lui tapant la causette. Le copilote désigné prend son rôle vraiment à cœur, et inonde le chauffeur de questions parfois farfelues avec un espagnol approximatif. Le regard éteint du chauffeur quelques minutes auparavant est désormais plein de détresse !
Dure est la séparation autour d’une dernière bière avec nos 2 compagnons de voyage argentins (je balance mais Lolo en versera même une petite larme…)

Direction l’est du pays ! Ambiance bien différente qu’à l’ouest : jupettes et talons ont remplacé les costumes traditionnels. Les mines d’argent de Potosi découvertes par les Espagnols à leur arrivée ont favorisé le développement économique de cette partie du pays (moment Stéphane Bern du récit). Nous posons nos chausses de marche à Sucre (capital constitutionnelle et économique du pays). Plein de monde sur des trottoirs trop petits, ça brasse et nous sommes un peu ébaloubées après 3 jours dans le désert ! Balades en ville, et surtout pétage de bide en règle. Pique a lo macho, viande à la plancha, smoothie au quinoa, ce sera l’étape gustative du voyage. Avec quand même une visite « hantée » de la ville par une guide qui nous a abreuvées d’histoires de fantômes, d’enfants enlevés et autres réjouissances en tout genre !


Ca c'était le crash test du jour. Un milkshake à la luzerne  c'est plein de bonnes choses il parait. On dirait qu'on boit de l'herbe tondue, c'est sympa!




Les saltenas, mmmmh! (quand on vous dit qu'on n'a fait que bouffer!)



De retour dans le grand ouest : notre bien aimé Routard nous ayant appâté avec un endroit encore dans son jus, c’est pour le parc naturel de Sajama que nous mettons le cap. Après une nuit dans le bus, nous attendons le minibus pour Sajama à Patacamaya. Mais il n’y en a qu’un par jour, 4 heures plus tard et pas grand-chose à faire (à part manger des saltenas). On rencontre un petit pote Chilien (fan de foot et vélo qui a combiné ses passions pour rejoindre la Coupe du Monde au Brésil en vélo) et on tente de rejoindre Sajama par nos propres moyens. Résultat des courses : 1 minibus, 1 autostop dans la cabine d’un camionneur, 1 pick up, de la marche et un autre minibus plus tard, nous voila arrivées !







Les combis de locaux c'est super chouette...
Mais ça pue!



Camtar' passion!


Des clopes et de la coca. Voilà à quoi carburent les camionneurs boliviens!


Pick up passion!
Le lendemain, marche au milieu des lamas, geysers et paysages de foufou. Ici, il n’y a pas grand monde et c’est très paisible. Après quelques hésitations d’orientations, nous trouvons la source d’eau chaude à la tombée de la nuit.






Ca, c'est un coeur de lama qui sèche contre le mur d'une maison. Sympa, le grigri porte-bonheur.


C’est ensuite à pied qu’il nous faut rentrer au campement (1 heure quand même), à la lumière de la pleine lune, avec le petit pote Chilien et 2 frère et sœur espagnols qui passaient par là !

Mais c’est déjà bientôt la fin et c’est à La Paz que nous terminons notre périple. Au détour d’un virage, la ville apparaît, en briques roses, construite à flan de montagne avec son cœur de ville dans un creux, c’est à couper le souffle.


La vieille ville est donc en bas, à l’abri du vent et du froid (4 000 m de hauteur tout de même…) Nous passons notre dernière journée à visiter la ville avec des étudiants en tourisme (génial !) et à flâner sur les gigantesques marchés hauts en couleurs, odeurs et trucs chelous (genre patates déshydratées ou lamas séchés qui portent bonheur…) Un petit coup aux boutiques de souvenirs et voila c’est la fin.






Pratique le tabouret/potiron!

Pomme de terre déshydratée, ou chuno.














Lama séché, pour potions magiques.


Nous quittons Adèle le lendemain matin, conscientes du superbe voyage que nous venons de vivre. Entre émerveillement face à des paysages aussi grandioses, joie d’avoir rencontrés des compagnons de route enrichissants et sentiment d’avoir découvert une partie du monde extraordinaire, nous revenons avec plein de petites bulles de bonheur. A faire éclater quand le quotidien se refera pesant…"

Gracias por compartir un trozo de camino conmigo chicas, este viaje fue genialisimo!