vendredi 13 décembre 2013

Mi nueva vida – Intiwawa à Arequipa

Je suis arrivée jeudi dernier dans la ville d’Arequipa où je pose mon sac de baroudeur pour les trois prochains mois. Quel plaisir d’aligner ses petites culottes dans un placard ! Je partage la maison des bénévoles avec 8 autres jeunes globe-trotteurs. Il s’agit d’une vieille demeure des années 40, vieillotte et un poil déglinguée comme je les aime, disposant d’un joli petit jardin pour profiter du soleil arequipeño.

Arequipa est la deuxième plus grande ville du Pérou après Lima. Son avantage est que le centre ville reste assez menu, ce qui fait qu’on peut se déplacer à pata sans problème, surtout que la maison est très bien située. Pas trop touristique, j’apprécie les plaisirs d’une authentique ville sud-américaine : un trafic incessant, des klaxons à qui mieux-mieux, une banlieue tentaculaire, mais aussi la chaleur du climat et des gens, leur joie de vivre communicatrice et les volcans en toile de fond. Je suis contente de savoir que je vais m’investir dans cette ville, créer des petites habitudes en me familiarisant vraiment avec la culture péruvienne : finis les arrêts-minute dans chaque ville, déambulant dans les rues le Routard à la main, et cherchant déjà le nom de la prochaine destination !

Bon, c’est bien joli tout ça, mais qu’est-ce que je vais faire pendant 3 mois au juste ? Petit topo sur l’asso’ : Intiwawa signifie en kishua « Niños del Sol ». Cette association allemande-péruvienne a été créée il y a six ans pour venir en aide aux enfants des quartiers ou villages défavorisés de la banlieue d’Arequipa. Elle travaille avant tout avec une très large équipe de volontaires péruviens actifs toute l’année, aidés par quelques gringos aux grands cœurs (nous quoi :D). Les projets ont lieu dans trois endroits différents :

- San Isidro est une sorte de favela à la péruvienne. A 45 minutes du centre ville en colectivo (trajet sportif quand le bazar est bondé!), c’est ici que se trouve l’activité principale de l’association. Le village s’est développé autour d’une intense fabrication de briques, à la main. San Isidro a un petit goût de Germinal, avec ses petites maisons de fortune éparpillées ça et là sans organisation dans lesquelles s’entassent des familles plus ou moins nombreuses, le tout baigné d’une poussière omniprésente dont les nuages se révèlent sous le soleil de plomb. Le niveau de vie est très bas comme on peut se l’imaginer, et malheureusement la misère humaine se dévoile ici vêtues de ses plus beaux atours: alcoolisme, violence et insalubrité sont le quotidien de ces enfants du soleil. La différence est abismale d’avec mon village kishua dans les montagnes équatoriennes, où le travail aux champs, les bêtes et l’air sain ne laissent pas vraiment de place au laisser-aller et aux dérives humaines. Mais c’est alors que l’on se rend compte de la vraie nature d’un enfant : tout sourire, en quête d’attention et de tendresse (ceci explique cela…), ces petites âmes à aimer apprécient vraiment notre présence et récompensent nos efforts à renfort de câlins ! De quoi me motiver à me lever le matin, pour aller aider la maîtresse de l’école maternelle à faire la classe. L’après-midi, tous les volontaires se retrouvent à la casa Intiwawa pour le projet appelé « Tareas » qui signifie « Devoirs ». Nous ouvrons le local à tous les enfants du village. Ils sont entre 50 et 80, dépendamment des jours. Nous les aidons (dans la mesure du possible… Hum hum, où est passé mon Bac S quand un garçon de 16 ans me demande de lui expliquer comment fonctionne une formule chimique ? Ni idea !) et vérifions que le travail est fait avant de leur offrir un petit repas (riz, avoine, salade de fruits…) qui sera béni avant d’être goulument ingurgité ! Je suis très surprise par la religiosité du peuple péruvien, Dieu et ses petits potes sont absolument partout, même dans cette association à l’athéisme revendiqué. (CF la discussion que j’ai eue avec un chauffeur de taxi l’autre jour et son visage se décomposant quand je lui disais que je ne croyais pas en Dieu : « Oy caramba.. ! »). Revenons-en à nos moutons (en parlant de religion… mouhaha) : après le repas vient le redoutable et redouté moment du… brossage de dents ! Comme la plupart des enfants ont des chicots, ils n’apprécient pas du tout et cette étape se transforme vite en mission impossible. Enfin vient l’heure des adieux, des bisous, des câlins, des « hasta mañana » avant de ranger, nettoyer et fermer le local jusqu’au lendemain !

- les deux autres localités sont Salinas et Coparaque, des villages perdus dans la montagne à respectivement 3h et 4h de bus d’Arequipa. S’y organisent des activités les week-ends seulement, mais les vacances d’été (et oui !) approchant à grands pas, nous nous y rendrons qu’une seule fois avant Noël pour les Fiestas de Navidad. Les projets normaux ne reprendront pas avant la fin des grandes vacances, en mars, mais je serai alors repartie pour de nouvelles aventures (avec trois autres compagnons de voyage cette fois-ci J ). 

Les volontaires! Emerson, Rafael, Nina, Jessy, Vera, Ellen, Victoria, Jonas, José Luis et Keagan.

Ma chambrette.


Le jardin.

La maison.

San Isidro

Sur le chemin de la casa Intiwawa à San Isidro.

Brique, brique et re-brique.

San Isidro.

La Casa Intiwawa.


C'est l'heure du goûter!

Anita et sa cousine.

Encore! Encore!




Volcan dans la brume.

En attendant le colectivo pour retourner à la maison.

Action poétique Arequipa.

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