jeudi 3 octobre 2013

Une burgonde chez les Kishua

Ce soir ce n’est pas moi qui cuisine pour les volontaires à la maison Pachamama, j’ai donc le temps de rédiger ce petit article concernant le début de mon immersion dans la communauté de Salasaca.

Je suis arrivée dimanche après-midi au village. Après un trajet en bus depuis Quito, je monte à l’arrière d’un pick-up (communément appelé « camionetta » ici, le taxi quoi !) pour me rendre à la maison des volontaires de l’association, la Pachamama. 

Après un trajet assez mouvementé (suspensions douteuses et sentiers en terre battue obligent.. !), j’arrive à la porte de ce qui sera ma résidence pour les prochaines semaines. Je rencontre les actuels volontaires avec qui je travaillerai à l’école et à la bibliothèque, gérées par l’association Katitawa. Nous sommes 10 à vivre dans la maison : tout d’abord les deux figures fixes : Robert, 82 ans, (très) actif gérant et fondateur de l’association, américain installé en Amérique Latine depuis 30 ans et figure active de la communauté de Salasaca depuis 10 ans, nous réveillant tous les matins par son déjà traditionnel « it’s a beautiful day today, and I suggest that we enjoy it ! ». Et Angel, indien de la communauté aidant Robert dans les tâches administratives et vivant au premier étage de la maison. Restent maintenant à présenter les bénévoles actuels: Leoni et Gabriella, deux jeunes allemandes, Molli, une jeune américaine, Javier, espagnol, Joe, anglais, et Sarah and Doug, un couple d’américains.

J’en reviens à mes moutons (ou plutôt mes cafards, si vous vous voyez ce que je veux dire…). Malgré le confort franchement spartiate de la maison (pas d’eau chaude, pas de chauffage, propreté plus que douteuse), elle est vraiment choupinette!
Bon, je ne vous cache pas que l’adaptation n’est pas évidente… Et oui, ce n’est pas facile de sortir du petit cocon d’amour et de Soupline de Saint Jean ! Mais le choc culturel que je cherchais est total. Je suis VRAIMENT au beau milieu d’une communauté indigène qui conserve le mode de vie depuis des centaines, des millions d’années. Tous les gens du village portent le costume traditionnel, parlent leur propre variante du kishua, vivent avec leurs animaux dans des maisons avec pièce unique pour toute la famille, cultivent ce qu’ils consomment. C’est vraiment incroyable d’être témoin de cela.

L’école maintenant : elle est située sur le versant de la montagne, à une trentaine de minutes à pied de la maison des bénévoles. Nous nous y rendons tous les matins pour assurer les cours. Je suis en charge du cours de maths (oui, c’est un peu dingo !) avec Leoni. La journée s’organise comme ceci : lever 6h30 pour prendre le petit-déjeûner tous ensemble (porridge à l’eau by Robert), puis nous montons à l’école. 8h : début des cours, pause « colada » à 10h (sorte de bouillie à base de céréales, offerte pas le gouvernement de la Révolution Citoyenne de Correa, à toutes les écoles du pays), puis deuxième partie des cours de 10h30 à 12h15. S’ensuit le déjeuner à la cantine de l’école préparé par la cuisinière Virginia (composé de riz et de légumineuse en tout genre). L’après-midi est réservé aux ateliers, je gère celui d’art plastique. L’école se termine à 15h, nous disposons donc du reste de l’après-midi pour préparer les cours du lendemain, surfer sur internet à la bibliothèque du village ou bien préparer le dîner (une fois par semaine), ceci incluant le trajet à pied jusqu’au centre ville, soit une bonne demi-heure, pour acheter les produits au marché.
L’école accueille des enfants du village souvent laissés en dehors du système éducatif (vivant dans la montagne, travaillant avec leurs parents, ou bien ayant quelques déficiences qui rendent leur éducation dans les écoles nationales classiques impossible). Y sont donnés des cours de kishua, d’anglais, de lecture, de mathématiques et le plus important appelé « 6 piliers », sorte de morale (à base de bonté, justice, respect, responsabilité, confiance et civisme). Comme dit Robert « I don’t care if they can become great architects, I just don’t want them to be ass holes!”.  Le vendredi est consacré au recyclage et à la sensibilisation à la protection de l’environnement.

Quelques photos du paysage:

Vue depuis la terrasse de la maison par temps clair (le volcan Chimborazo)

Sur le chemin de l'école
Le marché de Salasaca
Jolies phrases dans la bibliothèque
Le slogan de Robert!
Coucher de soleil sur le Chimborazo
Education civique le vendredi matin à l'école: porté de drapeaux et hymne en kishua.

5 commentaires:

  1. Ouaouuuuuuu, ça a l'air magnifique! Sinon, franchement l'abdi qui enseigne les mathématiques, j'ai un peu du mal à m'en remettre...

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  2. Génniaaal !!! aha tu te rattrapes avec l'atelier d'arts plastiques ;) ca a l'air foooouuu. J'adore les phrases mythiques de Robert ! bonne ambiance avec les autres volontaires ?? bisous

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  3. Oui c'est un peu fou pour les maths, mais on en est à la table de 5 avec les plus grands, donc pour l'instant ça va je suis :)
    Avec les autres volontaires, bonne ambiance oui!
    ¡Robert mola!

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  4. Ouaa ça l'air trop cool !! c'est sur que côté dépaysement t'es servi! ^^

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