C’est avec la petite cuillère en
plastique Air France que Titi a du me ramasser quand on s’est retrouvé à l’aéroport
de Buenos Aires après les tristes adieux arequipenos. Mais la joie de se
retrouver a vite dissipé le gros nuage. Le temps d’un câlin et s’est parti
pour 3 semaines de baroudage à travers l’Argentine ! Au programme : quelques
jours à Buenos Aires pour voir mes amis Facu et Claudio rencontrés en Bolivie
avec Cécile et Laurie, puis les chutes d’Iguazu à la frontière avec le Brésil,
tout au Nord. Ensuite Mendoza, à l’Ouest pour visiter les amis argentino-messins
(et quelques caves, en passant), puis direction Grand Sud : la Patagonie !
Bariloche dans les montagnes aux airs de Suisse et la magnifique route des 7
Lacs, Puerto Madryn à la recherche des pingouins, puis El Calafaten, la fin du
monde pour aller saluer les glaciers… 13 400 km en 3 semaines, en passant des
tongs aux moufles. Allez, c’est parti !
L’Argentine est un pays
intéressant, à cheval entre les cultures. Les différentes vagues d’immigrants
ont marqué la culture qui en résulte hybride. Le plat national est la pizza, la
boisson nationale le vin, les Argentins sont grands à la peau blanche… Mais
pour moi, gros choc culturel ! J’avais vraiment l’impression de me
retrouver à Paris, ou à Londres, ou toute autre ville européenne. De Buenos
Aires, je retiendrai surtout les tags dans la rue, qui égayent cette métropole
un peu banale, où se concentre la grande majorité de la population argentine.
Le pays a été totalement ébranlé
par la crise financière de ces dernières années, creusant de manière drastique
les différences sociales ; les riches s’enrichissent, et les pauvres s’appauvrissent.
L’inflation constante et la dévaluation monétaire créés un climat tendu, les
Argentins se craignant entre eux. La violence et les vols sont devenus monnaie
courante (si j’ose…) pour les plus humbles, amers et lésés, voyant les gens
aisés se barricader dans des quartiers sécurisés protégés par de hauts murs
coiffés de fils barbelés. Cette scission du peuple argentin se ressent, surtout
dans la partie Nord du pays, la plus peuplée, et en résulte une ambiance assez
pesante.
Premier stop: Buenos Aires!
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| La célèbre Evita, sur l'avenue principale de Buenos Aires. |
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| Titi et la serveuse, l'oeil concentré sur le match de foot! Il faut savoir qu'en Argentine, le foot n'est pas un sport, c'est une passion nationale. Qui dit télévision, dit match, à toute heure du jour et de la nuit. Titi était aux anges! |
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| Une station du métro de BA. |
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| Le monument à San Martin, le général argentin qui a libéré le Chili, le Pérou et l'Argentine du joug des Espagnols au XIXème siècle. Héros national, la rue principale de toutes les villes porte son nom. |

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Sur la place centrale de Buenos Aires où se concentrent les pouvoirs politiques, le symbole des "Abuelas de la Plaza de Mayo" est gravé dans le sol pour que jamais l'on n'oublie l'époque terrible de la dictature militaire sévissant à la fin des années 70. L'histoire est la suivante: des milliers de jeunes opposants au pouvoir ont été enlevés lors de manifestations par les forces de l'ordre, portés disparus à tout jamais. Nombres d'entres eux étaient de jeunes femmes enceintes. Les militaires ont gardé les bébés et les ont distribués dans les familles proches du gouvernement. Ainsi, environ 500 enfants ont été adoptés et furent élevés par les bourreaux de leurs parents biologiques.
Les mères des desaparecidos et les grands-mères de ces enfants au macabre destin marchent silencieusement autour de la Place une fois par semaine, un fichu sur la tête, pour commémorer leurs proches et tenter de retrouver leurs petits-enfants. |


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| Mafalda, sur son banc! La célèbre héroïne de BD à l'esprit acerbe et au ton drôlement cynique, est née ici dans le quartier de San Telmo! |
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| Tango |
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| A Buenos Aires, le contrôle technique est très light. On a donc vu de sacrés engins du siècle dernier, aussi polluants que surprenants! |
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| Le quartier de La Boca. |
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| La rivalité des deux clubs de Buenos Aires, la Boca et le River Plate, est très populaire, en témoigne cette pub de glaces: "Et toi, de quelle partie es-tu?" (vous noterez peut-être le jeu de mot entre "lado"- partie -, et "helado" - qui veut dire glace. Finot!) |
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| Tango! |
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| Nous avons retrouvé ces jolis décors urbains dans tout le pays: des créations colorées en crochets adornent les poteaux et les arbres! Sympa! |
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| Ca joue... Au foot, vous l'aurez deviné! |
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| Les Argentins sont de très grands amateurs de viande! Ça se bouscule à la boucherie pour acheter son "ojo de bife", un énorme steack qui fond sous la langue, à faire griller à la parrilla (le barbecue). Il n'en faut pas plus pour conquérir le Titi ! |
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| A la Boca |
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| Devant la Bombonera, le stade de foot de La Boca (où a joué Maradona, pour ceux qui ne savaient pas, comme moi!) |
Iguazu-Iguazu, tout le monde
descend !
Après un premier voyage en bus de
nuit (qui sera loin d’être le dernier !), nous arrivons à l’extrême Nord
de l’Argentine, à la frontière du Paraguay et du Brésil pour admirer les plus
grandes chutes d’eau du monde : las Cataratas de Iguazu. Le rio Iguazu se
jette de toute sa force le long de ses falaises pour enfin s’écraser à des
dizaines de mètres plus bas dans un impressionnant fracas. Un spectacle qui
laisse bouche bée !
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| Privilégié observateur... |
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| Du côté Brésilien. |
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| Pas chère, la douche! |
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| Un coati, drôle d'animal de la jungle pas sauvage du tout, à la recherche de touristes attendris pour lui donner leurs restes! |
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| Du côté Argentin. |
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La cerise sur le gâteau, nous voilà dans la Gorge du Diable, où toutes les eaux se réunissent en une puissance terrorisante.
Mendoza, nous voilà!
L’expédition à Mendoza, une étape
de tous les records : 36 heures de bus, 50 heures sans se doucher. C’est
donc mal odorant et un peu ébaloubés que nous arrivons à la capitale du vino
argentino. Cueillis à la gare par Fran, un ami d’Etienne, nous allons passer de
mains autochtones en mains autochtones pour découvrir la région accompagnés de
nos supers guides, les amis ingénieurs de Titin, rencontrés à Metz ! Chouettes
retrouvailles, et chouettes découvertes ! Visite d’une grande cave, pique-nique
dans le gaucho de Dolores, et asado du dimanche avec Fran et sa copine :
nous avons été plongé au cœur de la culture mendozine ! Merci les amis !
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| Douche à la lingette, notre quotidien. Ici sur la place principale de Mendoza! |
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| Julita, notre hôte! |
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| Titi bien entourés de Fran et Dolo! |
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| Le tonneau est bourguignon! |
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| Dégustation |
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Les "bodegas", équivalents de nos caves, sont tout à fait différentes des nôtres. Elles sont récentes, et construites pour accueillir les touristes. Celle que nous avons visité est le fruit d'un investissement d'un riche mec des Pays-Bas, qui a construit des bâtiments super design au milieu des champs de vignes fraîchement plantés. Le complexe propose un musée d'art contemporain (présentant la collection particulière du propriétaire), un restaurant gastronomique et la cave en elle-même où s'organisent les visites-dégustations. Concept assez intéressant, même si on se sent un peu mouton-Fram. On a du mal à imaginer Marc avec ses deux bottes en caoutchouc au milieu de tout ce luxe étalé!
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Patagonie, nous voilà !
Premier stop en Patagonie : Bariloche. Village de
montagnes au milieu de la route des Septs Lacs, la ville n’a pas vraiment d’intérêt
mais représente un bon point de chute pour barouder dans la région. A pattes, à
vélo (oui, super mauvaise idée, on en a kié des bulles) ou en voiture de
location, on l’aura bien exploré ! Ce qui m’a le plus marqué de cette
région bien boisée, ce sont les odeurs de la campagne en cette fin d’automne.
Dans les sous-bois se mêlent des fragrances de champignons et fruits rouges attisées
par l’humidité ambiante… On fait le plein d’air pur !
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| La piste, les bosses, les cailloux... et nous dans une GOL (non je n'ai pas oublié le "F", c'est la Golf Wolswagen de pince en Argentine: une vraie coquille de noix!) |
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| Ca, c'était juste avant que l'on ne se retrouve dans la nuit noir, au milieu d'une piste interminable, rencontrant une famille de sangliers et une énorme flaque d'un demi-mètre de profondeur... et puis une petite pluie de grêles pour finir le tableau! J'ai bien cru que Titi allait rendre l'âme avant la Gol! |
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| Nos petits potes canins! |
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| Comme je vous l'avais dit, ici le foot est partout. VRAIMENT partout. Ici nous découvrons une petite télé derrière le stand d'un marché artisanal. Bah oui, y'avait match. Le mec en jean à droite est en train d'annoncer le but à tout le monde! |
Puerto Madryn, côte Atlantique.
Après un voyage en bus poisseux,
nous voici à Puerto Madryn sur la côte Est. A notre arrivée à l’auberge, le
patron nous annonce que cette région est un lieu privilégié pour l’observation
d’animaux marins tout au long de l’année… sauf au mois de mai ! Maudit
flutiôt ! Et Titi qui a fait 8000 km dans le seul espoir de voir un
pingouin ! Un peu déçu de la nouvelle, nous allons errer sur la plage.
Quand tout à coup un truc bizarre sort sa tête de l’eau…
Mais oui ! C’est un pingouin !
Improbable, toute la communauté a pourtant migré vers le Brésil il y a plus de 3
semaines ! Le propriétaire de l’hôtel nous informera plus tard que c’était
un bébé qui se serait certainement perdu durant le déménagement…
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Comme vous pouvez le voir sur
cette photo, le petit retardataire se fait littéralement attaquer par un groupe
de mouettes affamées. On nous expliquera plus tard qu’il y a quelques années
les argentins jetaient leurs déchets dans la mer dans cette partie du pays. La
communauté de mouettes s’est alors beaucoup développée, proportionnellement à la
taille de leurs estomacs. Depuis que le gouvernement argentin a développé une
politique de protection de l’environnement, la pollution des eaux a été
interdite. Mais du coup, les mouettes restent sur leur faim ! C’est
pourquoi elles s’attaquent dorénavant aux animaux marins qui éluent domicile
dans la baie de Puerto Madryn. Même aux baleines ! Rien ne les arrête ces
sales bêïtes (hein Max ?!) !
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Ce même jour nous nous promenions
sur le port, quand tout à coup une odeur infâme nous envahit la narine. « -
Titi, t’abuse franchement… - Non mais j’ai rien fait ! »… C’est alors
qu’un indescriptible bruit nous interrompt, entre un bayement d’ogre, un rot d’ivrogne
et un ronflement de bulldog. Nous nous approchons de la source olfactive et
sonore et découvrons…
Une communauté d’otaries !
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| Ça pue, ça rote, ça grogne... Mais oui Titi, ce sont les tiens que tu as retrouvés sur ce ponton! |
Le lendemain, nous décidons de
louer des vélos (deuxième mauvaise idée) pour aller à une plage à une vingtaine
de kilomètres de la ville pour tenter notre chance avec les baleines, sensées
tout juste commencer à venir mettre bas dans cette zone. Vélos taille enfant,
chemin en sable, l’horreur quoi. Mais nos efforts ont été récompensés : on
a vu une baleine !
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| Et un drôle d'oiseau aussi! |
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| Non mais calmez-vous, on dirait un requin mais ce n'est qu'une nageoire de baleine! |
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| Sable + vélo taille enfant... Non mais plus jamais! |
Le Grand Sud !
De Puerto Madryn, nous avons du
remonter à Buenos Aires pour s’envoler en direction de l’extrême Sud du pays :
El Calafate. En effet, une seule route rejoint la ville la plus australe du continent,
qui traverse toute la Patagonie en 36h de bus. Mais à notre grand regret (non c’est
une blague) nous avons du prendre l’avion car la route n’était plus praticable
pour cause de chute de neige !
El Calafate ne représente pas
grand intérêt en soi –hormis un bar bien sympa dont on a fait notre QG durant
notre séjour- mais offre une porte d’accès privilégiée aux glaciers du Sud,
notamment le fameux Perito Moreno. Ohlala, mais c’est incroyable de tant de beauté
avec ses couleurs féeriques. Histoire de vivre l’expérience à donf, nous avons
fait un petit treck sur la glace avec des crampons (et un guide, hein. Il ne s’agirait
pas de se foutre dans une crevasse, parce que là si tu fais le malin, tu ne
tombes pas dans le ravin mais tu finis glaçon !). Unique. Malheureusement,
on dirait que mon appareil photo n’a pas bien apprécié le taux d’humidité et la
température assez extrême du lieu… vous m’en excuserez la piètre qualité des
photos !
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Le silence opaque n’est
interrompu que par le fracas des morceaux de glace se détachant et s’écrrrrrrasant
plus bas.
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El Chalten, dernière étape de notre voyage de ouf.
Et voilà, déjà 3 semaines que nous baroudons à travers l'Argentine. Pour finir le voyage en beauuuuuté, nous allons à El Chalten, une ville à une centaine de kilomètres de El Calafate, réputée pour la beauté de sa région. Nous y avons fait des randonnées, et pas des moindres! Surtout celle qui nous a mené jusqu'aux pieds du Fitz Roy, en 8 heures de marche, avec escalade en fin de parcours pour cause de chemin gelé en mode plaques de verglas! D'incroyables paysages qui concluent bien notre voyage. Arf, c'était ouf tout de même. Bien que l'Argentine ne soit personnellement pas le pays que j'ai préféré, ses paysages renversants et diversifiés resteront gravés dans ma mémoire. Et puis c'était trop cool de découvrir cela avec mon Titin, on a bien rigolé!
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| A la conquête du Fitz Roy, dépat à l'aube (il est 9h du matin..! Bah oui, le soleil se couchant vers 18h, il ne s'agit pas de traîner!) |
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| Euh... il est dans les nuages là. |
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| Ah, il pointe le bout de son naseau dans la brume! |
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| C'est le grand au fond le Fitz Roy! |
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| On dirait qu'on est presque arrivé, mais en fait non! |
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| :) |
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| Au premier plan, on peut voir l'état du chemin... mieux valait escalader sur le côté! |
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| On a froid, mais on est content! |
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| Tadaaaa! |
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| Cherchez l'erreur... |
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| Improbable Réginald! |
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